Jimenez Julien, l’homme qui a lu vos cahiers des charges
Fondateur de Revendic et directeur de la publication de ce site. Ce qui suit raconte pourquoi un logiciel de contrôle interne d’appellation a été écrit, avec qui, et à partir de quelles observations de terrain.
Jimenez Julien, MLJ
Une conviction née dans une salle de réunion de syndicat
Je ne suis pas vigneron. Je n’ai jamais taillé un cep en gobelet ni conduit une vendange. Ce que je sais faire, c’est écouter une organisation décrire son travail, repérer l’endroit exact où ce travail devient impossible à prouver, et construire l’outil qui manque à cet endroit précis. C’est ce que j’ai fait pour les organismes de défense et de gestion viticoles pendant trois ans avant d’écrire la première ligne de Revendic.
La première fois que j’ai assisté à une commission de contrôle interne, dans le bureau d’un syndicat d’appellation, j’ai vu une directrice, un technicien et quatre vignerons élus passer une heure et demie à trancher des cas d’espèce. Sur la table, un tableur imprimé en paysage sur quatre pages scotchées, annoté au crayon.
Ce que j’ai vu dans les bureaux d’ODG
J’ai commencé par la question la plus bête possible : comment savez vous qu’un adhérent a dépassé ? Les réponses ont été honnêtes et inquiétantes. Un technicien de Bourgogne m’a montré son classeur de calcul, monté par une prédécesseure partie à la retraite, avec des colonnes masquées dont il n’osait plus toucher les formules. Une directrice du Sud Ouest m’a expliqué qu’elle recopiait à la main les surfaces de son export du casier viticole informatisé parce que le fichier ne s’ouvrait pas correctement. Un autre technicien tenait ses constats dans un carnet à souches, avec les photographies restées sur son téléphone personnel.
Aucune de ces personnes ne travaillait mal. Toutes faisaient un métier réglementaire exigeant avec des moyens de bureau. La difficulté n’était pas dans la vigne ni dans le chai, elle était dans le passage du terrain à la preuve. Un constat existe, mais rien ne dit à quelle date il a été rédigé. Un échantillon a été tiré, mais rien n’explique pourquoi ces opérateurs là. Un manquement a été notifié, mais la lettre est dans un dossier partagé et la réponse de l’opérateur dans une boîte de courrier électronique.
C’est en audit que le compte se règle. J’ai assisté, en observateur autorisé, à deux visites d’organisme d’inspection agréé. Dans les deux cas, la question posée n’était pas « vos adhérents respectent ils le cahier des charges » mais « comment démontrez vous que vous l’avez vérifié ». Deux questions très différentes. La première, les techniciens y répondent les yeux fermés. La seconde les met en difficulté, parce que la preuve est éparpillée entre un tableur, un classeur papier, une messagerie et une mémoire.
Pourquoi un logiciel, et pourquoi celui là
J’ai hésité longtemps. Le premier réflexe, quand on voit ces situations, est de proposer une prestation d’accompagnement. J’ai commencé par là, en aidant deux ODG à remonter leur classeur de calcul proprement. Six mois plus tard, le classeur avait de nouveau dérivé, parce qu’un tableur ne résiste pas au temps ni au changement de salarié. Ce qui manquait n’était pas une méthode, c’était une contrainte, c’est à dire un endroit où le rendement autorisé, le rendement butoir et la date de l’arrêté d’homologation sont écrits une fois et s’appliquent ensuite sans qu’on puisse les contourner par erreur.
De là vient le parti pris central de Revendic : un compte égale une appellation, et le cahier des charges est saisi article par article à l’ouverture, avec sa source réglementaire. Ce paramétrage est long, il prend une demi journée avec le technicien, et je refuse de l’automatiser. Un logiciel qui devinerait votre cahier des charges se tromperait un jour, et l’erreur porterait sur le volume à déclasser d’un adhérent qui vous fait confiance. Une valeur saisie et relue par un être humain, rattachée à son article et à sa date d’arrêté, tient devant un auditeur. Une valeur devinée, non.
Le second parti pris est l’accès gratuit des adhérents. Il n’a pas été facile à défendre auprès des personnes qui m’ont conseillé sur le modèle économique, parce qu’il représente la majorité des utilisateurs et zéro euro de recette. Il est pourtant décisif. Tant que le vigneron ne voit pas son propre rendement à l’hectare, il appelle le syndicat, il conteste de bonne foi, il reproche à l’ODG un calcul qu’il n’a pas pu vérifier. Le jour où il ouvre sa fiche et lit lui même sa surface revendicable et son volume substituable individuel, la discussion change de nature.
Ma méthode de travail
Le terrain d’abord
Aucune fonctionnalité écrite depuis un bureau
Chaque écran de Revendic a été dessiné après une visite. La fiche de constat mobile a été refaite trois fois parce qu’elle ne tenait pas dans la main d’un technicien portant aussi une lampe et un carnet. Le tableau de revendication a été réordonné parce que les directeurs lisent d’abord la colonne du volume à déclasser, jamais la colonne du volume déclaré.
Je continue de passer une semaine par trimestre en région, chez des utilisateurs, à regarder travailler sans intervenir.
Le droit ensuite
Une veille réglementaire tenue à la main
Les arrêtés modifiant les cahiers des charges paraissent au Journal officiel sans prévenir. Je les lis, je les résume pour les techniciens concernés et je verse les nouvelles valeurs avec leur date d’effet. Cette veille n’est pas un produit dérivé, c’est la condition pour que les calculs restent justes d’un millésime à l’autre.
Trois convictions produit qui ne bougeront pas
La traçabilité prime sur le confort. Un constat enregistré ne se modifie plus, il se complète par un nouvel enregistrement horodaté. Cela agace parfois les utilisateurs le premier mois. C’est exactement ce qui rend le dossier opposable le jour de l’audit, et aucun argument de facilité ne me fera revenir dessus.
Le logiciel ne décide jamais. Revendic classe un adhérent en conforme, à vérifier ou en manquement selon les règles que vous avez saisies. La qualification définitive du manquement et la suite retenue appartiennent à votre commission et à votre direction. Aucun courrier ne part automatiquement, aucun statut ne se transforme en sanction sans une action humaine identifiée.
Les données de l’ODG appartiennent à l’ODG. Vous exportez l’intégralité de votre historique quand vous le voulez, dans un format lisible sans notre logiciel. Un outil de contrôle interne qui prendrait vos preuves en otage serait une mauvaise affaire pour vous et une faute professionnelle pour moi.
L’éditeur, MLJ
Revendic est édité par MLJ, société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837 depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le fondateur, le dirigeant et le directeur de la publication de ce site.
MLJ édite des logiciels professionnels destinés à des filières réglementées, dans lesquelles la conformité n’est pas une option de confort mais une condition d’exercice. Le fonctionnement de la maison est volontairement modeste et direct : pas de service commercial intermédiaire, pas de plateforme téléphonique, pas de contrat annuel reconductible que l’on ne peut plus arrêter. Quand vous appelez au sujet de Revendic, vous tombez sur la personne qui a écrit le logiciel.
Pour parler de votre appellation, de votre plan de contrôle ou de votre prochaine échéance d’audit, le plus simple reste le formulaire de contact ou l’adresse jimenezjulien42@gmail.com. Réponse sous deux jours ouvrés.
Me suivre et me vérifier
Les publications de veille réglementaire, les notes de terrain et les annonces d’intervention en journée technique régionale passent par ces cinq adresses.
Le magazine de Revendic porte le nom que les techniciens donnent à leur cahier de campagne. J’y traite ce qui décide vraiment d’une année d’appellation, le rapprochement des surfaces et des volumes, le tirage de l’échantillon, la chaîne des manquements et le bilan remis à l’organisme d’inspection. Les neuf articles du numéro ont été publiés le 3 septembre 2026 et sont classés dans l’ordre du sommaire, du plus structurant au plus prospectif.